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OUVRAGE – L’Alter entreprise

Quand les actionnaires et les salariés réclament un nouveau modèle économique. Auteur Yannick Roudaut – Journaliste économique et financier indépendant ( Le Monde, Le Journal desFinances), il dirige l’Institut Financier, spécialisé dans les formations économiques auprès des entreprises. Il est expert APM et auteur de nombreux ouvrages et logiciels pédagogiques sur l’économie et la finance.

Pourquoi un livre consacré à l’Alter Entreprise?

alterentreprise

Afin de vous présenter brièvement l’objet de ce livre, je vous propose de lire l’introduction. Pour ceux que le sujet intéresse, le livre est disponible  dans toutes les librairies depuis le 19 mars 2008, ou sur le site de mon éditeur, Dunod www.dunod.com

INTRODUCTION

Faire le lien entre la spéculation boursière, l’essor du Bio et du Commerce Équitable ou le développement de l’investissement socialement responsable (ISR), peut paraître une idée saugrenue. Ne pas le faire serait une erreur.
L’observation de l’évolution récente de notre système financier, croisée à l’analyse des dernières tendances de consommation, suscite de nombreuses réflexions. Mis bout à bout, ces signaux envoyés par quelques investisseurs activistes, émis part des consommateurs engagés , relayés aussi dans l’entreprise par des salariés en quête de sens, semblent constituer les prémices d’une profonde évolution de notre rapport à l’économie et à la société.Un message d’alerte en réaction auxnombreux excès commis ces dernières années.

En l’espace de 20 ans, les marchés financiers ont réalisé une mutation sans précédent aux conséquences inquiétantes. Cette mutation a débouché sur une spéculation effrénée,provoquant une succession de crises financières porteuses de risques économiques et une multiplication des scandales financiers. L’investissement, économiquement utile, s’est progressivement effacé devant de nouvelles pratiques de gestion toujours plus spéculatives.La Bourse a perdu son rôle essentiel.
Cette fièvre spéculative ne s’est pas limitée aux seules activités de marché. Elle a contaminé les entreprises. Depuis 2000, les exigences de retour sur investissement n’ont jamais été aussi élevées, encourageant le profit rapide au détriment d’une vision stratégique à long terme . Le court termisme financier a atteint son apogée, l’ultracapitalisme son paroxysme.

Face à cette situation, une contre-réaction est apparue. Des actionnaires, professionnels comme individuels, ont commencé à prendre la parole. Soucieux de ne plus cautionner un système économique basé sur la seule rentabilité, certains d’entre eux font valoir de nouvelles revendications sociétales au nom d’un développement durable. Ce nouveau comportement engagé peut-il être dissocié des autres bouleversements socioculturels en cours ? A l’instar des ces nouveauxactionnaires (les alterinvestisseurs), une famille d’individus a modifié son comportement de vie et d’achat pour exprimer son refus d’une hyperconsommation source de déséquilibres naturels irréversibles ( les alterconsommateurs et les créatifs culturels). Tandis que les fonds socialement responsables et l’épargne solidaire connaissent un développement rapide,les paniers se remplissent progressivement de produits Bio ou issus du Commerce équitable…

Cette contre-culture Alter est-elle une réaction à l’ultracapitalisme? Est-ce un épiphénomène ou une vague de fonds ? L’investissement est-il un produit de consommation comme un autre ?
Qui sont ces Alterinvestisseurs , combien sont-ils ? Quelles sont les attentes de ces nouveaux actionnaires épris d’éthique et d’équité ? En quoi peuvent-ils insuffler de profonds changements en matière de gouvernance ? Sont-ils la partie émergée d’une révolution socioculturelle silencieuse ? Les salariés peuvent-ils eux aussi exiger unplus grand engagement sociétal de leur entreprise ? L’Alter Entreprise constitue-t-elle la réponse à ces nouvelles attentes ?

Une chose est sûre, l’évolution récente des marchés financiers ne doit pas être prise à la légère. La Bourse est à la fois le cœur et le poumon du capitalisme…

Si l’on ne peut « juger du degré d’une civilisation qu’en visitant ses prisons »,on ne peut également juger de l’efficience d’un modèle économique et social qu’en plongeant au cœur de son système financier.