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HYPERTROPHIE DE LA PERFORMANCE DE LA CONDUITE DE PROJET
Les méthodes, normes et outils de management de projet, s’intéressent essentiellement à la performance de la conduite de projet, et en particulier aux délais et aux budgets. Les deux autres dimensions sont traitées de façon beaucoup plus superficielle. Cette différence de traitement s’explique par leur nature et la difficulté de leur évaluation. 1. Performance de la conduite de projet Cette dimension est à la fois générale et facile à définir et à suivre. Elle concerne essentiellement deux aspects : - Le suivi de l’avancement du projet en termes de jalons, de moyens et de délais - L’appréciation des livrables selon des critères prédéterminés, lors de leur réception Outre la facilité de leur définition et de leur suivi, ces éléments sont directement liés à la réalisation du projet et sont plus ou moins formellement « contractualisés » dans les relations et la répartition des responsabilités entre MOA et MOE. M P MANAGEMENT & PERFORMANCE 2. « Retour d’expérience » Comme pour la conduite de projet, l’évaluation du retour d’expérience est générale, en ce sens qu’elle porte toujours sur les mêmes objets : développement RH, capitalisation de savoir- faire et de connaissances. Mais contrairement à la conduite de projet, le retour d’expérience est difficile à évaluer, car il concerne des actifs incorporels : capital humain et capital connaissance. De plus, à moins qu’il soit spécifiquement prévu dans le « cahier des charges », le retour d’expérience n’est pas indispensable à la réalisation du projet. Compte tenu des contraintes qu’ils ont à gérer, il n’y a aucune chance que les responsables de projet le prennent en charge. Afin de valoriser au mieux le retour d’expérience, au-delà des projets individuels, il serait souhaitable de mieux intégrer la conduite de projet avec les modes de management et les politiques RH : GPEC, appréciation, formation, gestion des carrières… 3. « Résultats du projet » Les résultats du projet sont à la fois spécifiques et difficiles à évaluer. Leur spécificité tient au contexte et en particulier aux finalités et à l’objet du projet. La difficulté de l’évaluation des résultats est double. 1 son objet : un processus, une organisation, un produit, une ligne de production, un marché, un canal de distribution, un partenariat, un outil, un mode de management… On est donc confronté à la problématique générale, non spécifique au projet, de l’évaluation et du pilotage de la performance. Sans l’expliciter, résumons cette problématique générale. On ne peut pas comprendre la performance de façon statique et fragmentée. Pour faire sens, il faut l’envisager dans sa dynamique de formation et dans une logique de contribution des différents acteurs à la performance commune. Au-delà des indicateurs globaux, il s’agit de : - Identifier sous forme d’indicateurs fins, les leviers et les facteurs opérationnels ; - Les organiser de façon à rendre compte de leurs interactions qui aboutissent à la formation de la performance globale. 2 la fin du projet, ses résultats ne peuvent pas être appréciés à la fin du projet, car ils sont liés au fonctionnement modifié de l’entreprise suite à la mise en place du projet. Lors de la réception finale, on évalue la performance des livrables. Mais si les livrables créent les conditions du nouveau fonctionnement, ils ne le garantissent pas, et encore moins les résultats du nouveau fonctionnement. L’évaluation des résultats ne doit pas être envisagée comme un exercice passif de reporting. Elle contribue activement à l’amélioration des résultats, et cela par deux mécanismes : - Trop souvent, les projets s’arrêtent à la fin de la phase active, à la réception des livrables, au détriment de l’appropriation, de la prise en main et du pilotage du fonctionnement nouveau. Certes l’équipe projet ne maîtrise pas les résultats du futur fonctionnement, mais elle en est coresponsable. L’évaluation des résultats du projet, par une meilleure prise en compte de cette coresponsabilité inciterait à un passage de témoin plus efficace entre modes projet et fonctionnement. - La réflexion sur l’évaluation fine des résultats, avec les responsables opérationnels concernés, est un support efficace d’appropriation. De plus, elle permet de préparer le dispositif de pilotage opérationnel du nouveau fonctionnement.